Il résume lui-même son affaire en une phrase : ce site n'a qu'une ambition, partager ma passion pour les aquarelles, les marines, et Roscoff. La formule est modeste, mais elle dit l'essentiel. Bernard Beaulien est un peintre de lieu, attaché à une ville et à une côte, et son art s'est construit comme une longue fidélité à ce coin de Bretagne entre terre et mer.
De l'huile à l'aquarelle
Le commencement fut à l'huile. Mais c'est vers l'aquarelle qu'il s'est rapidement tourné, parce qu'elle seule, dit-il, lui semblait en mesure de traduire avec justesse les effets de lumière exceptionnels et les couleurs de ce refuge entre terre et mer. Le choix n'a rien d'anodin : il engage une manière de voir. Là où l'huile permet de revenir, de couvrir, de corriger, l'aquarelle impose la fraîcheur et le premier jet. Opter pour elle, c'est accepter de peindre vite, dans l'eau, et de garder le blanc du papier pour seule lumière. Plus de vingt ans plus tard, ce choix tient toujours.
Qu'elles expriment des aubes prometteuses ou des mers d'huile, des éléments tourmentés ou des brumes mystérieuses, les marines révèlent la beauté et l'âpreté de ce pays. Bernard Beaulien
Le pastel, vers l'intérieur des terres
L'attachement à la Bretagne ne s'arrête pas au rivage. Amoureux indéfectible de la région, il a poussé ses pérégrinations vers l'intérieur, dans les monts d'Arrée et du côté d'Huelgoat, pour en restituer la splendeur avec une autre technique, lumineuse et colorée, celle du pastel. Aux marines de la côte répondent ainsi des paysages de landes et de forêts, autre versant d'un même pays. Le peintre n'est pas l'homme d'un seul médium, mais d'un seul territoire.
La main du sculpteur
Il y a, dans son parcours, un fil moins connu : la sculpture sur bois. Travail de statuaire, nourri de l'art traditionnel sacré breton et de l'imagerie populaire ancienne, il l'a mené en parallèle de la peinture. On lui doit notamment la statue de Saint-Lô réalisée pour l'église de cette ville. Cette pratique éclaire son rapport à la matière et à la tradition : la même attention au métier, au geste juste, qui se retrouve dans la rigueur de ses lavis.
Vingt ans d'expositions en Finistère
Le parcours se lit aussi dans une longue suite d'expositions, presque toutes ancrées dans le pays de Léon et le Finistère. Roscoff, d'abord, à la chapelle Saint-Nicolas, lors de la Fête de la mer, puis à la Station biologique du CNRS. Saint-Pol-de-Léon, Taulé, Cléder, Plouénour-Trez, Plougoulm, Henvic, Sizun, Kerlouan, Locquirec, Plouezoc'h, Huelgoat, Landerneau au festival Kan al loar. Quelques échappées plus lointaines, à Auxerre, et même à Great-Torrington, dans le Devon, en 2006. Des cimaises de chapelles, de mairies, d'offices de tourisme et de salons de peinture : le réseau patient d'un peintre de terroir, fidèle à son public.
Quelques lieux d'exposition
- Roscoff
- chapelle St-Nicolas, Station biologique
- Pays de Léon
- St-Pol, Taulé, Cléder, Plougoulm
- Plus loin
- Auxerre, Great-Torrington (Devon)
- Exposition permanente
- restaurant l'Armor, Roscoff
D'après les pages d'expositions du site de l'artiste (saison 2003 à 2018).
Une exposition permanente face à Batz
Parmi ces rendez-vous, une adresse durable : le restaurant l'Armor, à l'hôtel Thalasstonic de Roscoff, rue Victor-Hugo, qui accueille une exposition permanente avec vue sur l'île de Batz. On y voit, au fil des accrochages, des feuilles comme La cale de la Bonne Mère, Ruster à Sainte-Barbe, Reflets à Sainte-Barbe ou Thonier avant le grain. La boucle est bouclée : le peintre expose ses marines face à la mer qui les a inspirées.
Pour entrer dans l'oeuvre, le plus simple reste de la regarder : les galeries rassemblent les marines, et le chevalet en montre la fabrication. Le dossier sur sa technique en donne la clé.


