Lire un code Colour Index

Le Colour Index International est la nomenclature de référence des colorants, tenue conjointement par la Society of Dyers and Colourists, au Royaume-Uni, et l'American Association of Textile Chemists and Colorists, aux États-Unis. Imprimé pour la première fois en 1925, il donne à chaque colorant un nom générique fait d'une classe d'usage, d'un champ chromatique et d'un numéro. Sur un tube, ce nom s'abrège : PB29 se lit Pigment Blue 29, l'outremer de synthèse.

Les lettres du code, sur les 30 fiches de l'explorateur

PB, Pigment Blue, les bleus
6 fiches
PY, Pigment Yellow, les jaunes
4 fiches
PO, Pigment Orange, les orangés
2 fiches
PR, Pigment Red, les rouges
2 fiches
PV, Pigment Violet, les violets et la quinacridone rose
3 fiches
PG, Pigment Green, les verts
3 fiches
PBr, Pigment Brown, les terres brunes
4 fiches
PBk, Pigment Black, les noirs
2 fiches
PW, Pigment White, le blanc
1 fiche
NR, Natural Red, un rouge d'origine naturelle
1 fiche
Sans code : mélanges du commerce (gris de Payne, sépia)
2 fiches

Le préfixe N signale un colorant d'origine naturelle : le carmin de cochenille est le Natural Red 4, abrégé NR4.

Le code compte plus que le nom. Quatre couleurs aux noms différents, la terre de Sienne naturelle, la terre de Sienne brûlée, la terre d'ombre naturelle et la terre d'ombre brûlée, portent ici le même code PBr7 : le Colour Index range sous cette référence les terres de composition voisine. À l'inverse, un même nom peut cacher un autre pigment : la terre de Sienne naturelle étant devenue difficile à obtenir, bien des tubes vendus sous ce nom contiennent des oxydes de fer de synthèse, codés PY42 ou PR101. Le champ chromatique ne suit pas toujours la teinte non plus : la quinacridone rose est classée parmi les violets, sous PV19. Enfin, le gris de Payne et la sépia n'ont pas de code propre dans nos fiches : ce sont le plus souvent des mélanges de commodité, dont la composition se lit au dos du tube.

La carte des pigments : transparence et pouvoir tachant

Deux propriétés décident de la conduite d'une couleur sur le papier. La transparence dit si un lavis laisse passer la lumière du papier, ce qui compte dès que l'on superpose des glacis. Le pouvoir tachant dit si la couleur, une fois posée, se relève encore à l'éponge ou au pinceau humide : c'est lui qui décide de ce que l'on pourra reprendre et corriger plus tard.

Les 30 pigments de l'explorateur, rangés par transparence (colonnes) et par pouvoir tachant (lignes)
Pouvoir tachantTransparentSemi-transparentSemi-opaqueOpaque
Tache faiblese relève bien
Tache moyennese relève en partieaucunaucun
Tache fortese relève peuaucunaucunaucun
Source : les 30 fiches de l'explorateur Aquarelia, établies en juin 2026 d'après les classifications du Colour Index, de l'ASTM et des fabricants. Une même couleur peut varier d'une marque à l'autre.

Trois constats se lisent sur la carte. Les six pigments qui tachent fort sont tous transparents : bleu et vert phtalo, bleu de Prusse, quinacridone rose, violet de dioxazine et alizarine cramoisie, puissants en glacis mais difficiles à reprendre. Les six pigments opaques tachent peu : les trois cadmiums, le jaune de Naples, le noir de mars et le blanc de Chine couvrent, mais se relèvent. Seuls trois des 30 pigments sont à la fois transparents et peu tachants : l'outremer, la terre de Sienne naturelle et le viridian, qui se superposent et se corrigent.

Les pigments qui pâlissent

La permanence, ou résistance à la lumière, dit si une couleur garde sa teinte sous l'éclairage d'une pièce. Aux États-Unis, la norme ASTM D4303 décrit les méthodes d'essai de cette résistance pour les couleurs d'artiste, et la norme ASTM D5067 fixe les exigences des peintures aquarelle, dont l'identification du pigment et sa tenue à la lumière. Les fabricants publient leur propre cotation dans leurs nuanciers.

Permanence des 30 pigments de l'explorateur

Excellente
21 sur 30
Bonne
5 sur 30
Variable, selon le mélange vendu (indigo, sépia)
2 sur 30
Faible, couleur fugace (alizarine cramoisie vraie, carmin de cochenille)
2 sur 30

Les deux couleurs notées faibles sont des rouges anciens. Le carmin, tiré de la cochenille, est réputé particulièrement sensible à la lumière en aquarelle. L'alizarine cramoisie (PR83) est classée ASTM III, « passable », et pâlit surtout en lavis dilué ou en glacis, c'est-à-dire précisément dans l'usage de l'aquarelle. L'indigo et la sépia sont notés variables parce que leur nom recouvre souvent un mélange du commerce : c'est la composition, au dos du tube, qui tranche. Pour une feuille destinée à être encadrée, ce sont ces quatre couleurs qu'il faut vérifier, avant de penser au verre et à l'éclairage, détaillés dans le dossier conserver et encadrer une aquarelle.

Pour passer des fiches à la feuille : la palette de la marine retient six de ces pigments (outremer, cobalt, céruléum, Prusse, terre de Sienne brûlée, ocre jaune) ; les couleurs de la mer explique leur rôle dans une marine ; la palette du débutant et le mélange sur le papier montrent comment en tirer gris et verts. Et chacun s'essaie dans l'atelier, dont la palette reprend de vrais pigments.